Extrême Limite

 » Toujours plus loin, plus fort, plus vite, jusqu’au bout de l’Extrême limite. Tu vas droit au coeur de l’action, c’est ton bonheur, c’est ma passion« .

En ce moment je suis fatiguée. Physiquement. Bien que le moral ne soit pas au beau fixe non plus, mais j’ai connu pire donc de ce côté là je m’estime chanceuse.

Je ne dors pas assez, et très mal. On a beaucoup beaucoup de boulot, ce qui fait que j’enchaîne les heures, et que le stress et la pression inhérente aux échéances de mon boulot ne m’aide pas à être sereine.

Plusieurs fois j’ai voulu venir écrire ici, et puis j’ai changé d’avis parce que je n’avais même pas le goût de réfléchir aux sujets que je voulais aborder.

Il y a tellement de choses qui me viennent en tête quand j’ai une idée d’article, et en même temps tellement peu qui trouvent grace à mes yeux pour les coucher sur la toile.

Je ne peux pas vous parler de mon boulot parce que j’ai un devoir de réserve et que sans vous dire où je travaille, vous ne comprendriez pas mes articles (chéri qui sait  où je travaille et ce que je fais, ne comprend pas toujours ce que je lui raconte de mes dossiers, alors imaginez …)

Je pourrais vous parler de mon rapport difficile à mon poids, mon corps, mon image de moi, mais je ne sais pas par où commencer, ni comment exprimer ce que je ressens tellement je me sens illégitime et dépassée.

Je pourrais vous parler de mon couple mais j’en ai marre de parler, de ressasser, j’en ai marre d’être moi. Parce que tout va bien et que quand tout va bien je trouve toujours le moyen de tout gâcher, de ressasser d’anciennes rancoeurs, de prendre des décisions et de ne pas m’y tenir. J’aimerais tellement pouvoir lacher du lest, déconnecter mon cerveau, juste profiter de la vie, et ne plus me sentir lasse et déconnectée de la réalité, de ma propre vie.

Parce que c’est de ça qu’il s’agit, de cette sensation de perte de contrôle, de ne plus rien diriger, de ne plus être aux commandes de ma vie et de mon corps, d’assister à son déroulement comme devant un film, une simple spectatrice. Passive, impuissante. Alors j’essaie de saisir la réalité, de m’y accrocher, mais elle me fuit la pute. J’ai l’impression d’être dans les sims. Sauf que je suis une sims et non pas celui/le derrière l’écran.

Mon boulot a changé, et il me comble, mais j’ai l’impression d’être une stagiaire ou un cdd, et que ça ne va pas durer, il ne faut pas que je m’implique, parce que ce n’est pas définitif, on va me bouger. On me forme et quand je serai formée je vais devoir partir. Je n’arrive pas à réaliser que je suis une technicienne, que le boulot que font mes collègue de bureau c’est celui que je ferai aussi, dans quelques mois, quand ma formation sera totalement finie. Et dès fois, alors que je planche sur un dossier ou que je le boucle, soudain je réalise que pourtant si, c’est mon boulot maintenant, et quand je lève les yeux dans l’open space je me dis que bientôt moi aussi je serai à leur place, à traiter leur genre de dossier, et c’est ça que je veux, je suis là ou je voulais être, et c’est bon ! Et puis mon cerveau déconnecte et je me détache de nouveau. Comme si je n’avais pas le droit de me réjouir, comme si vu que tout a une fin, à quoi bon rêver à ça puisque je ne l’aurai pas et que même si je fini par l’avoir ça ne durera pas.

Et ce détachement est encore plus flagrant avec mon corps. J’ai perdu 15 kilos il y a 4 ans. J’en ai déja parlé, et je ne vais donc pas me répéter. Quand j’ai atterri à La Planque, j’ai repris 10 kilos en 1 mois. En ne faisant rien de spécial. Le changement de boulot, le cancer de mon papa, la perte de mon grand père, les problèmes de boulot de chéri puis son chomage, nos problèmes de couple, tout ça m’avait un peu déréglé l’horloge intérieure. J’ai détesté mon corps de nouveau, comme en 2011, avant la perte de poids. J’ai réussi à reperdre 7 kilos, là encore en ne faisant rien de spécial. J’ai eu l’impression de reprendre un peu le contrôle sur ma vie en me mettant de nouveau à contrôler ma nourriture. Même si ça virait à l’obsession, au moins je maîtrisais quelque chose. Et puis la lassitude, avec chéri on est passé vraiment à cheveu de la rupture et pour la première depuis le début de notre relation, j’en avais rien à foutre. J’étais détachée. J’étais triste mais résignée. Et puis j’avais eu envie d’aller voir ailleurs (Réglisse, remember ???) et ça m’a ouvert les yeux sur pas mal de choses, sur moi et sur ma vie en général. Et donc j’étais prête à laisser partir Chéri, parce que de toute façon je m’étais préparée à ça toute notre relation, cette histoire d’amour je l’ai commencé avec l’idée fixe que de toute façon elle finirait un jour, donc c’était la suite logique, non ?!!! J’avais trop souffert, trop donné, j’étais un préservatif dans une partouze, en bout de course. Et puis on a décidé de se laisser une dernière chance, mais une vraie dernière. C’est à dire pas de retour en arrière, si ça ne marche pas cette fois, on n’essaie plus. Et surtout on essaie vraiment. On a mis le doigt sur ce qui n’allait pas et c’était bien beau de le savoir, de vouloir le changer, encore fallait-il vraiment le changer. Sauf que tu ne changes pas 9 ans de réflexes en quelques mois. Tu ne changes pas 31 ans d’automatismes en quelques mois. Mais on essaie. On se reconstruit peu à peu. On a établit des règles et on s’y tient et on se laisse nos jardins secrets, nos soupapes de sécurité. C’est dur, mais c’est comme ça. Il faut juste que j’évite de retomber sur mes anciens démons, passer outre mes peurs et mes transferts. Il faut laisser le temps au temps et puis rome ne s’est pas faite en un jour, il faut que je ME laisse du temps, en étant indulgente avec moi même. Et c’est ça THE problème.

Parce qu’à la base je voulais parler de mon corps et je suis partie sur mon couple (peut être que c’est la docteresse du dedans de la tête qui avait raison, TOUS mes problèmes viennent de mon couple O_o)

Mon problème c’est moi et mon indulgence pour moi-même, ou plutôt ce manque de compassion dont je fais preuve avec moi-même. Je ne m’aime pas, je ne me suis jamais aimé. Mais je me suis détestée rarement. Je me suis détestée en 2011, et j’ai perdu 15 kilos. J’ai été fière de moi, et puis j’ai vrillé et j’ai repris 10 kilos et je me suis de nouveau détestée, comme si j’avais faillie. Comme si j’avais été faible, comme si je ne pouvais pas me faire confiance parce que je suis faible et pas fiable ! J’ai reperdu 7 kilos, et pourtant je ne suis pas fière de moi. En fait je me suis indifférente. Et c’est très TRES bizarre. Parce que je refuse de croire que j’ai reperdu mon poids. Parce que je refuse de croire que je fais de nouveau du 36/38. Parce que je ne me regarde plus dans les glaces pour ne pas me dégoûter, et que du coup quand je me vois dans une glace je ne me regarde pas, je m’ignore. Je me vois mais je ne me regarde pas. Et quand je vois la taille sur mes vêtements que j’arrive à remettre, ou ceux que je n’ai pas cessé de mettre depuis 2011, ou quand je me vois en photo, je ne me reconnais pas, parce non ce n’est pas moi, je le sais. Je connais mon corps, je vis avec, il est flasque et dégueulasse. Mes seins sont inexistants, mon cul est énorme et je déborde de graisse. Je ne fais plus de sport je suis une redevenue une grosse feignante. je devrais avoir honte de moi. Et puis cette excuse de mon mal d’épaule et de cou. Personne n’a rien trouvé, c’est dans ma tête, je suis qu’une faible. Je devrais plutot rebouger mon gros cul sinon je vais redevenir une grosse vache. Je vais redevenir cette grosse degueulasse que personne n’a envie de toucher, même avec un baton. Et alors quand ses pensées m’envahissent, quand je sens que je me noie dans mon dégoût pour moi même, je me prend en photo, et je me dis que je ne peux pas être cette chose visqueuse et flasque que je dis être, je suis pas si degueulasse. Et alors ce débat intérieur m’épuise. Ce schisme entre comment je me vois et ce que je vois, je ne sais pas comment le gérer, ni si je suis en capacité de le faire. Alors j’arrête d’y penser, et je me détache de tout ça. Je deviens indifférente. Et je ne me vois plus. Sauf que quelque part, je sais que ce n’est pas normal. Je sais que je devrais faire quelque chose pour ça. Peut être que je devrais me faire aider, mais paradoxalement cela me semble une épreuve si énorme, que je ne me sens pas de l’affronter. Alors je laisse courrir. Je souris. Je fais des blagues à la con, je joue mon rôle, parce qu’à force de se convaincre que ça va aller, ça finira par aller hein ?!!!

Je vais bien tout va bien, je suis gai tout me plait, je ne vois pas pourquoi quelque chose n’irait pas.

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Un commentaire pour Extrême Limite

  1. walaziz dit :

    Je te maudis, j’avais totalement oublié le générique et maintenant à cause de toi je l’ai en tête…
    Le bâton pour te toucher ? Ce serait pour t’en mettre un coup derrière les oreilles. Non mais.

    Ben ma Sushie. 😦
    En principe c’est ton humour qui est noir et non ton humeur. Tu broies du noir, je ne te savais pas si cruelle. \o/ J’assume mon humour de merde.

    A propos de perte de contrôle, je ne sais plus si c’était hier ou avant hier, je t’avais parlé de Joy Division.

    Tu n’es pas faible, tu es humaine.
    Il m’arrive de temps en temps d’être en mode pilotage automatique et je connais aussi cette forme de détestation et d’indifférence. 😉
    En ce moment ça va, mais je ne suis jamais loin de caresser ma déprime. Limite à me complaire dans mon abyme.
    Je suis un clown triste mais mon maquillage arrive à cacher cette tristesse la plupart du temps.

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