Petit escargot, porte sur son dos, sa maisonnette

Depuis quelques temps (jours, semaines, mois ?) je me sens comme une coquille vide. Je n’ai plus d’espoirs, plus d’attentes, plus de projets. La vie, ma vie, celle que je me suis choisie, me les a pris. Je ne dis pas que je n’ai plus envie de vivre hein, relax ! Juste que je n’ai plus de but. Je ne sais pas ou je veux aller, ni si du coup je prend le chemin que je souhaite prendre. Je n’aime pas ma vie. Je ne la déteste pas non plus. En fait elle me laisse indifférente. Comme si ce n’était pas la mienne. J’observe ma vie, mon quotidien, comme de l’extérieur, comme si ce n’était pas réel, comme si j’évoluais dans un rêve, je me dis que ce n’est pas grave, rien ne l’est, puisque ce n’est pas vie, je vais me réveiller ! Sauf que je ne me réveille pas, parce que, que je le veuille ou pas, c’est ma vie !

Est-ce que je regrette mes choix ? Oui. Non. Je ne sais pas ! En fait j’ai fait les choix qu’il fallait faire. En fonction de ce que je voulais, de ce que je pensais obtenir ! J’ai toujours dit que je ne voulais pas favoriser ma carrière à ma vie de famille, j’ai choisi la tranquillité d’esprit. J’ai cru choisir la tranquillité d’esprit ! Parce que mon esprit est tout sauf tranquille ! Quand il m’a fallu choisir entre mon couple et mes études j’ai choisi mon couple, parce qu’Il était celui avec qui je voulais faire ma vie. Quand il m’a fallu choisir une vie de famille à un métier stressant, j’ai choisi la vie de famille, parce que c’est ce que j’ai toujours voulu, je ne suis pas carriériste, je veux juste une vie pépère, classique, avec le mari, le chat et les enfants, un boulot pas trop dégueulasse, qui paie les factures, et me laisse du temps pour moi et les miens ! C’est MON choix et je l’assume, c’est MOI, je suis comme ça. Sauf qu’aujourd’hui il semble que je n’aurais peut être jamais la vie de famille que j’espérais, et je m’interroge. Aurais-je du faire le choix de la carrière ? Si je ne dois jamais avoir d’enfants, peut être aurais-je du me lancer dans un boulot passionnant. Je veux dire, c’est bien d’avoir du temps pour soi, mais quand on ne sait pas quoi en faire, cela sert à quoi ?

Et puis je me suis rappelé que la perspective d’enfant n’était pas la seule qui m’avait fait abandonné ma voie. Je n’étais pas taillée pour ce métier. J’ai pas les nerfs. La preuve, j’ai craqué en 2009, c’est bien que cette vie n’était pas pour moi ! Sauf que depuis quelques temps, la fièvre aidant peut être, je n’arrête pas de me poser cette question : « qu’est ce qu’il s’est passé en 2009 ? Qu’est ce qui t’a fait disjoncté ? ». Et a à force de tourner en boucle et en boucle, cette nuit, à 4h du mat, j’ai été réveillée par un idée peut être pas si saugrenue qui était : « tu ne t’es pas senti à la hauteur, parce que toute ta vie tu ne t’es jamais senti à la hauteur ».

En fait, je me suis toujours senti nulle, bonne à rien. Pas assez jolie, pas assez intelligente, pas assez travailleuse, pas assez sportive, pas assez bien, pas assez … en fait quoi que je fasse, ce n’était jamais assez, ni pour mes parents/profs, ni par extension pour moi. Je ne dis pas que c’est la faute de mes parents, ou du système, en fait ce n’est la faute de personne. Je pense avoir créer un complexe d’infériorité, qui fait que quoi je fasse, je m’attendais à échouer. Alors j’ai choisi la facilité, à chaque fois que j’ai pu, et quand je n’ai plus pu ou voulu, j’ai essayer, dans ma tête je partais perdante, mais au moins j’aurais essayer, sauf qu’inconsciemment je me mettais une pression de dingue, puisque je (pensais) savais que je n’étais pas à la hauteur.

En 2008 j’ai trouvé un poste d’assistante juridique en cabinet d’avocat. Et ça m’a plu, et apparemment j’étais compétente. Sauf que quand j’ai compris que l’avocate dont j’étais l’assistante attendais de moi que j’évolue vers un poste avec plus de responsabilités, parce qu’elle m’en estimait capable, j’ai paniqué ! J’étais loin de chez moi, avec Chéri c’était pas l’amour idéal, j’ai eu beaucoup de mal à gérer la pression, j’ai craqué, et je suis devenue borderline. Est-ce que les choses se serait passées différemment si le poste avait été ici, entouré de ma famille et de mes amis ? Est-ce que si avec Chéri on avait pas eu des problèmes à ce moment là j’aurais pu gérer ça plus sereinement ? Je n’en sais rien, et ce n’est pas ce qui importe de toute façon. J’aimais mon travail. Je m’éclatais, je ne me suis pas cru à la hauteur, et j’ai fui. Sur le coup cela m’a paru une bonne idée, je retrouvais une vie tranquille, sans stress, entourée des gens que j’aime. Sauf que depuis je n’ai plus retrouvé ma tranquillité d’esprit. Malgré ma vie tranquille.

Le passé est le passé de toute façon ! Pourquoi je ressasse tout ça aujourd’hui ? Parce que je ne sais plus qui je suis, ni ce que je veux. Que je voudrais changer de vie mais que je ne sais pas si je le peux ou même si je le veux !

Je ne sais pas ou je veux aller, difficile d’emprunter un chemin qu’on ne connaît pas ! Et à 30 ans reconstruire l’image que l’on a de soi, quand on a rien fait de sa vie, et qu’on a fera jamais rien, c’est pas facile ! Des fois j’aimerais être quelqu’un d’autre que moi. J’aimerais être forte, inébranlable, sure de moi ! Ou juste normale ! Plus une handicapé affective et sociale !

Comment on fait pour s’aimer ? Comment on fait pour reprendre confiance en soi ? Comment on fait pour ne plus se sentir comme une merde ? Comment je peux remplir ce vide qu’est devenu ma vie ? Comment se reconstruire quand ce processus ne repose que sur soi-même et que l’on a aucune confiance en ses capacités ?

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5 commentaires pour Petit escargot, porte sur son dos, sa maisonnette

  1. jerome dit :

    Chère Sushie,

    Rassurez-vous vous n’êtes pas la seule à vous titiller l’esprit avec ce genre de question.
    Je lurke votre blog depuis hier et votre liberté d’expression m’amuse. En principe je reste un spectre mais vote message du jour m’interpelle.
    Nous faisons partie de la génération Y. Comme vous avez un master [ 😉 ] je ne vais pas vous faire l’affront de vous l’expliquer.
    C’est un ami qui me l’a rappelé il y a quelques jours et pas plus tard que ce début d’après-midi il me parlait de faire un bilan de compétence pour voir où il se trouve actuellement dans sa vie professionnelle. De mon côté je lui ai répondu : Pour moi je pense que ce serait plus un bilan d’incompétence.

    J’ai l’impression d’avoir mis le pilotage automatique et je ne retrouve plus où se trouve le bouton pour le désactiver. Parfois dans les pics de spleen, je me prends pour un vivant-mort.

    J’ai travaillé dans un cabinet d’avocat comme technicien larbin informaticien et en un peu moins d’un an j’ai fui cet univers qui ne me convenait pas pour finir par être un (putain de) fonctionnaire.
    J’ai mangé mon pain noir quelques années mais actuellement je suis dans une planque. Mais… Je me fais chier et j’ai peur de m’enfoncer vers la misanthropie. Puis la vie parisienne ne vend plus trop de rêves.
    Attention, je peux aimer mon prochain mais la plupart du temps il m’ennuie vite…
    Quand on me parle tf1, foot ou l’amour est dans le pré j’ai l’impression que mon cerveau se liquéfie et quand j’essaie d’établir une communication je deviens un extra-terrestre. Comme si mes mots devenaient des gousses d’ail face à des vampires. (Vous avez envie de jouer ? Dites que vous regardez arte ou lcp quand vous vous ennuyez. Que la seule radio que vous écoutez est Fip. Pour enfoncer les pieux vous dites les noms Franck Lepage, Paul Jorion, Frédéric Lordon et Pierre Rabhi. Avec tout ça vos vampires se vaporisent comme si la lumière du soleil les pénétraient.)

    Bref, je digresse…

    Voyez le problème autrement. 🙂
    Vous avez certainement des modèles de référence et demandez-vous si ces gens là sont épanouis ou font semblant de l’être.
    Ce n’est pas une méthode miracle mais cela aide à relativiser.

    Que vous le voulez ou non vous avez des capacités mais vous vous refusez de les voir et vous préférez prendre une loupe pour exposer vos défauts. Faites-moi le plaisir de ranger cette loupe Sherlock Holmes.
    Vous êtes normale. Point.
    Vouloir être sûr de vous, forte et inébranlable… Désirez-vous devenir une machine ?

    Comme nous vivons une époque absurde je vais terminer par quelques mots de Pierre Dac :
    A l’éternelle triple question toujours demeurée sans réponse : « Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? » je réponds : « En ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne ».

    Courage Sushie San.
    Jérôme

  2. Alors, déjà, tu vas foncer dans une librairie acheter un bouquin de Christophe André. (Et n’oublie pas d’être heureux, ou alors Les états d’âmes) Ce sont deux livres qui m’ont remis dans le droit chemin. Maintenant, je sais ce qui est important.

    Ensuite tu vas te sortir toutes ces idées de la tête, et te dire que la vie parfaite, tu la mérite !!! Autant que tous les autres. Qu’il faut parfois prendre des décisions douloureuses, certes, mais qu’elles sont pour TON bien. Il ne faut pas (trop) réfléchir et écouter son instinct.

    Moi, je crois en toi ❤

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