Le changement, c’est pour quand ???

Jeudi, grippée et à l’article de la mort, j’étais convoquée à des tests écrits et un entretien devant un jury pour changer de boulot.

Un poste, dans l’administration, mais pas une administration où je serais fonctionnaire, juste assimilée. C’est une administration sans l’être en fait. Bref !

J’avais envoyé mon CV et ma lettre de motivation, sans vraiment y croire, sans même savoir si je voulais que ma candidature soit retenue. J’oscillais, telle Raiponce quand elle s’évade de son château avec Flynn, entre la joie/l’excitation et l’angoisse/le désespoir, et ce avant même de savoir si ma candidature serait retenue.

Et puis j’ai reçu un mail me convoquant aux tests de sélection et à l’entretien, et j’ai commencé à flipper ! On me dit qu’il faut que je me prépare, qu’ils sont supers exigeants. J’avais l’impression d’être revenue un an en arrière, je faisais des fiches, des schémas,  Je lisais des pavés de 90 pages pour préparer ces tests de sélection. Je me maudissais de ne pas avoir gardé mes cours du lycée, parce que cette administration je l’avais étudié, son fonctionnement, son mode de financement, ses missions, cela faisais partie de mon programme.

Et puis paf, la grippe me cloue au lit, arrêtée jusqu’à vendredi, je passe deux jours couchée, et mercredi soir je ressors mes fiches pour les potasser pour le lendemain et espère que mon virus me laissera un peu tranquille, histoire que je délire par sur ma copie.

Les tests écrits le matin se passent. Ni bien, ni mal, je suis mitigée, pas contente de moi, je suis sure d’avoir fait du hors sujet (ce qui est le cas, on me le confirmera le soir), je suis fatiguée physiquement et mentalement, j’y ai passé 4h30 dans leur locaux en tout. Je rentre manger un bout, avant de repartir, mais tout le long de la journée je vais me demander qu’est ce que je fous là ? Pourquoi je m’inflige ça ? Ce poste je ne l’aurais pas, je ferais mieux de rentrer couver chez moi, sous ma couette. Je veux juste dormir ! Et puis le soir, l’heure de mon entretien. Le Jury : l’assistant RH et la directrice d’un des plus grands services de la boîte (la big boss de la personne qui m’a mise au courant du besoin de recrutement). Et comme le matin, avant les tests, comme chaque fois que je passe un examen, la sensation est la même : ventre noué, l’impression que mes intestins se liquéfient, poids sur la poitrine, sensation de manquer d’air (stressée moi ? Jamais !), j’essaie de respirer la fleur et de souffler la bougie, j’ai les mains moites, le cœur qui va exploser, je tremble et je sue (glamour hein ?!!!)

Et puis quand c’est le moment, quand je suis devant ma copie, ou devant le jury, mon cerveau se vide. Et je passe en mode pilote automatique. Je ne contrôle plus rien, mon cerveau dicte, ma bouche parle (ou ma main écrit) et advienne que pourra. Ma voix chevrotte un peu, mais s’assure vite, et c’est parti pour le show. On me demande de parler de moi, de mon parcours, de pourquoi je veux intégrer cette administration. Puis les questions s’enchaînent. L’entretien va durer ¾ d’heure. Je réponds, ce que je pense, mais aussi un peu ce qu’ils veulent entendre. Ce poste je le veux finalement, j’ai pas fait tout ça pour rien quand même ! L’entretien se termine, je suis épuisée, et soulagée. J’ai fait ce que j’ai pu. Y a plus qu’à maintenant ! Après débriefing avec mon « indic », elle a l’air de penser que c’était bon. Que je corresponds exactement au profil recherché. Que j’ai répondu ce qu’il fallait aux questions. De l’entretien en lui-même je retiens que ma note de synthèse leur a plus. Que j’étais effectivement hors sujet, mais ils ont aimé que je me renseigne autant sur leur administration, son fonctionnement, son mode de financements, ses missions, et plus particulièrement sur l’avenir de ses agents en son sein. Que j’avais l’air de quelqu’un déterminée, qui sait ou elle va et que ça leur plaisait.

On était 5 à passer les tests ce jour là. On fait partis de la 3ème vague de recrutement (4 ou 5 personnes à chaque fois, d’après mon « indic », ils en ont sélectionné 3 en tout sur ces 2 premières vagues). Il restait encore une ou deux phases de recrutement cette semaine. Ils nous ont dit qu’on aurait une réponse, positive ou négative, par mail, sous 15 jours (donc d’ici le 20 février) mais qu’ils savaient déjà, à l’issue de chaque journée de recrutement, qui des candidats reçus ils sélectionnaient ou pas. Dans ce cas, me suis-je dit, pourquoi ne pas nous donner une réponse avant, pourquoi nous faire attendre 15 jours ?

Si je suis prise, je ferais partie de la dernière vague de recrutement, du fait de mon préavis, je serais l’une des dernières candidates à intégrer l’administration. Mais quand ? On ne sait pas. Pas de date d’entrée définie le jour de l’entretien du moins. Si je suis sélectionnée, on me rappellera pour fixer les modalités de mon entrée dans la boîte.

Je ne sais toujours pas si je suis prise ou pas. Bon ça fait même pas une semaine donc…  Je consulte ma boite mail régulièrement, tout en me raisonnant. Ca ne sert à rien, les jeux sont faits maintenant. Et puis je me dis que si je suis prise, je serais appelée, je n’aurais pas un mail. Donc recevoir un mail n’est peut être pas une si bonne nouvelle que ça … Mais au moins je serais fixée ! J’ai l’impression d’être revenue un an en arrière, quand j’attendais la publication des résultats des partiels, ou le mail des Fongecif.

Que je sois prise ou pas, cela m’a permis de voir que mon profil pourrait plaire, cela m’a replongé dans le stress des entretiens, et cela m’a rendu un peu d’espoir. Mais cela m’a aussi montré que je ne supportais plus mon boulot et que je ne peux pas continuer comme ça. Je pensais pouvoir m’en accommoder, mais la possibilité que j’ai entr’aperçu de pouvoir partir à réduit à néant le peu de motivation que j’avais à rester ici, et c’est horrible, parce que si je ne suis pas prise, je vais devoir continuer à me lever le matin, pour un boulot qui ne me plaît plus. Non pas pour un boulot qui ne me plaît plus, parce que le boulot en lui-même ça va, enfin je crois. Non pour une boite que je ne supporte plus. Et ce pour une durée indéterminée. Je vais devoir trouver quelque part en moi, la force de me lever le matin, sans pleurer, pour aller travailler. Je ne sais pas si j’y arriverais. Je sens que je suis à la limite de craquer, et mon travail s’en ressent L

Bien sûr, si je suis prise, il y a pleins de choses qui vont me manquer : mes copines de boulot, mon bureau, le fait d’avoir mon propre espace, de pouvoir accrocher des posters sur les murs, ou des photos à côté de mon écran (si je suis prise, je vais me retrouver, du moins pendant 1 à 2 ans, en open space, avec une dizaine de personnes dans le même bureau que moi), le droit (10 ans de ma vie quand même), travailler avec Boss#1 (travailler avec Boss#2 ne me manquera pas du tout par contre), ma routine. Mais je me dis que cela vaut le coup, parce que je pourrais enfin évoluer, je ne serais pas bloquée dans un poste dont j’ai fait le tour, sans possibilité d’évolution de carrière ou de formation au sein du cabinet. Je quitterais un poste pour un autre totalement différent, mais en même temps c’est déjà ce que j’ai fait en 2008. Je n’avais jamais été assistante juridique avant, et je n’avais jamais fait de droit des sociétés, et aujourd’hui je gère un service, petit certes, et seulement à moitié, puisque tous mes actes sont vérifiés, mais quand même. Donc je me dis que c’est une chance de prendre un nouveau départ. De commencer une nouvelle vie professionnelle. De voir si l’herbe est plus verte ailleurs dans un autre secteur, et qui sait, si je ne pourrais pas revenir au droit dans quelques années. Et puis si ça ne marche pas, au moins j’aurais essayé.

Si seulement j’avais une réponse rapidement. Ce fucking changement sera-t-il vraiment pour 2014 ???

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6 commentaires pour Le changement, c’est pour quand ???

  1. Rock and Tea dit :

    Je croise les doigts pour toi ! Comme je te l’ai déjà dit, tu mérites amplement ce changement de carrière ! Et même si là ça ne le fait pas, dis-toi qu’il y aura d’autres entretiens… D’accord ?
    Mais croyons-y déjà pour celui-ci !

  2. Amy dit :

    Je croise les doigts, moi aussi ! Je sais ce que c’est, de se mettre quelque chose en tête, et du coup, de ne plus pouvoir supporter le quotidien.

    • sushiesan dit :

      C’est gentil ! Je suis de plus en plus démoralisée. Je me dis qu’ils ont deja appelés ceux qui étaient pris et enverrons un message groupé de refus aux autres (dont moi) la semaine prochaine. C’était trop beau pour être vrai. Moi avoir de la chance ? Mwhahahaha 😮

  3. maud dit :

    je te souhaite ce changement ma belle….. ❤ des gros bisous

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