Se résigner

Il y a quelques temps (je te met pas les liens, j’ai la flegme, et puis t’as qu’a taquiner de la souris un peu, namého ^^) je sautais au plafond parce que j’avais à moitié obtenu satisfaction au bureau, puis je sombrais dans la déprime parce que je me rendais compte que je m’étais fait enflé, rapport au fait que c’était pas ce que j’attendais en fait.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup réfléchi, et j’ai beau tourner et retourner le problème dans ma tête, il n’y a pas 36000 solutions, à part celle de se résigner. Je ne dis ça avec aucune colère, peut être une pointe de déception, légère, un constat simplement. J’arrive à un age ou il faut arrêter de se réfugier dans des rêves chimériques pour s’ancrer dans la réalité, même si elle est poisseuse, pour avancer.

Le boulot dont j’aurais rêvé je n’ai découvert son existence que trop tard, et quelque part je me dis que si j’étais partie direct dans cette branche, je n’aurais pas rencontré mon chéri et que donc c’est un mal pou un bien. Le boulot dont j’aurais rêvé il n’est pas accessible, seulement en retournant à la fac, sans moyens pendant 2 ans, puis après une affectation incertaine. Le boulot dont j’aurais rêvé, je vais me contenter de l’observer de loin, à travers mes copines qui l’exercent.

Mon boulot à moi, c’est celui que j’ai et celui que je vais garder un moment. Je ne dis pas que je me résigne à faire ce que je fais toute ma vie, mais juste que comme tout, je pense que les choses ont toutes une raison d’être, et qu’il faut juste que je sois patiente pour la découvrir. Et puis bon, mon boulot n’est pas super méga gratifiant, mais il n’a pas que des inconvénients non plus :

– L’ambiance est sympa, j’ai des copines qui me font marrer, qui me soutiennent et qui m’offrent une épaule pour pleurer (et des gâteaux et du thé), ce que je n’avais plus, même si j’avais les réseaux sociaux, c’est pas pareil.

– Mine de rien, même si j’ai l’impression d’être considérée comme une stagiaire, parfois, j’ai quand même la moitié de mon emploi du temps à faire du juridique, 1/4 à faire de la compta, c’est juste l’autre quart qui me reste qui chie un peu, mais disons que sur ce quart je suis à moitié assistante de direction, moitié stagiaire, il n’y a pas mort non plus. Je veux dire j’ai focalisé dessus parce que ouais ça fait chier quand même, mais en même temps je ne suis plus à l’accueil en open space, je suis dans mon bureau, seule maître en mon domaine pour le moment, donc qu’est ce qui m’empêche de faire mes taches comme j’en ai envie, dans l’ordre que j’en ai envie ? Mes chefs ? Non, parce que tout le monde fait ça, c’est juste moi qui étais trop conne et trop gentille pour me prendre la tête à vouloir rendre service, je vais juste lâcher du lest et arrêter de me prendre la tête, et faire ce que j’ai envie de faire, on verra comment ça évolue. Alors certes ça défrise ma conscience professionnelle, parce que je culpabilise d’avoir des laps de temps sans rien à faire et qu’une part au fond de moi me dit qu’il faut que j’aille chercher un truc, quitte à faire une tache ingrate, mais non ! Merde ! Les taches ingrates je les ferai si on me les donne à faire, mais j’irai pas les chercher, et puisque de toute façon il n’y a pas vraiment de perspectives d’évolution réelles et certaines, je vais faire mon travail correctement, mais sans plus me mettre de pression pour que tout le monde soit content, après tout je suis plus à l’école, je vais pas avoir un bon point parce que j’aurais été sage, et que j’aurais rendu mon devoir avant. Ce qu’on attend de moi c’est que mon travail soit fait dans les temps et bien fait, pas qu’il soit fait dans la seconde qui suit.

– J’ai des horaires fixes, de bureau, et j’ai pas un travail trop stressant, certes il est pas transcendant, mais il est interessant des fois. Il est pépère. Sans surprise, ce qui au final me laisse du temps pour moi, pour faire de la zumba, lire des livres ou taper des articles sur mon blog. Je profite de mes week-ends, je pourrais me lever qu’à 7h-7h30 si je le voulais, et j’arrive chez moi le soir c’est 18 heures. J’ai l’impression de n’avoir le temps de rien faire, et pourtant le temps je l’ai, je ne sais juste pas ce que j’en fais ^^

– Je ne vais pas bosser en chantant tous les jours, certes, mais je n’y vais pas non plus la boule au ventre.

Non, mon boulot n’est pas le boulot de mes rêves, il a des inconvenients, mais il a aussi des avantages, et au lieu de focaliser sur les couacs, il faut juste que je passe outre pour profiter des avantages.

Et puis le boulot c’est pas toute la vie. Certes on y passe beaucoup de temps, et faire un boulot qu’on déteste, dans une ambiance de merde, c’est pas humainement possible sur du long terme, mais je ne déteste pas mon boulot, je ne l’aime pas spécialement, mais je ne le déteste pas, il faut juste que j’arrête de soupirer après ce que j’aurais pu faire, que j’arrête de rêver à ce qu’aurait hypothétiquement pu être ma vie, et que je profite de ma vie présente, en faisant en dehors du boulot des trucs que j’aime : cuisiner, lire, regarder des séries, lire et lire encore.

Se résigner pour lacher du lest, passer à autre chose et profiter la vie pour devenir heureux. Et si c’était ça la solution ?

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3 commentaires pour Se résigner

  1. papilloteleblog dit :

    il ne faut pas non + se résigner, mais peser le pour et le contre. effectivement tu as quand même la chance d’avoir des collègues sympas, ce qui est rare, et un boulot pas trop stressant. si tu n’avais vraiment rien de positif, je te dirai de partir très vite, de surtout pas tomber dans la dépression ! j’ai accumulé des boulots nuls, sans aucun intérêt, je m’ennuyais, je n’avais aucune reconnaissance. Mais en + mes collègues étaient fous (une a essayé de me frapper quand même, moi et d’autres personnes), souvent aigris, bêtes et méchants, à surveiller et critiquer les moindres faits et gestes en open space, mes chefs tyranniques ou incoméptents, les horaires impossibles… je n’en pouvais plus. j’ai dit stop et je suis bien contente aujourd’hui d’être au chômage ! je fais enfin ce que j’aime : regarder des films, lire, écrire et voir des spectacles. je revis ! Mon seul problème, c’est que l’argent ne sera pas éternel et l’idée de me retrouver encore dans cette ambiance horrible de boulot me rend malade d’avance !

    • sushiesan dit :

      Oui. Je dis me résigner mais plus dans le sens arrêter de courir après mes rêves et me poser dans la réalité même si elle est pas aussi chouette que ce que j’aurais voulu.
      Te taper. Ha ouais quand meme O_o les gens sont fous

  2. Betty dit :

    Le travail ne doit pas être une fatalité, une résignation… Fais toi ton expérience, forge toi ton caractère, prends de l’ancienneté pour ensuite être vraiment en mesure de réclamer quelque chose à la hauteur de tes exigences…

    Moi, je peste contre mon salaire trop bas… Qui suis-je pour réclamer + ? J’aurais + de crédit à demander une augmentation un peu plus tard.

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