Alone in the dark

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Le docteur du dedans de la tête que j’ai consulté l’année dernière m’a dit que je n’étais pas dépressive, que je traversais juste une (des ?) passe(s) difficile(s) et que j’avais du mal à faire face au trop plein de malchance d’un coup. Mouais.

Pourtant, il y a des jours un peu trop fréquents à mon gout, ou je n’ai pas envie de me lever, des jours ou j’ai juste envie de rester couchée sous la couette à pleurer dormir et où la seule idée de devoir affronter le quotidien m’épuise.

Des jours ou j’ai juste envie de tout (et tous) envoyer paître, des jours ou j’ai envie de gueuler, de leur dire de me laisser tranquille, que je ne suis pas celle qu’ils croient que je suis, parce que je ne le peux pas ou ne le veut plus, mais je n’y arrive pas, parce que si je me rebellais maintenant personne ne comprendrait, ce n’est pas moi, je suis comme ça, j’encaisse et je souris, trop bonne trop conne.

Il y a des jours ou j’ai envie de me donner des coups, ou si j’étais en face de moi-même je me tabasserai en m’injuriant jusqu’à me laisser pour morte et je finirai par cracher sur mon corps prostré par répulsion, parce que je me dégoute d’être aussi faible. Je me crierai que je devrai avoir honte de me plaindre tout le temps, que je ne suis qu’une putain d’enfant gatée qui ne sait pas la chance qu’elle a. Qu’il serait temps que je grandisse et que j’arrête de vouloir vivre au pays des bisounours. Qu’il y a des gens bien plus à plaindre que moi, des gens avec des vrais problèmes, alors que moi je reste là à me morfondre sur ma petite personne. Que je me nois dans un verre d’eau et que je suis pathétique.

Oui les hommes de ma vie m’ont tous déçu, et pourtant je continue d’espérer qu’un jour je serai heureuse, j’attends des gens qu’ils me rendent heureuse, mais ils ne le peuvent pas, je ne peux compter que sur moi–même. Et comment pourrait-il en être autrement ? J’ai un grand-père qui cognait (cogne ?) sa femme, un père alccolique, et un mec qui dit qu’il m’aime mais qui ne veut pas s’engager avec moi, au bout de 6 ans de relation, parce qu’il n’a pas les couilles (ou l’envie) de dire à ses parents que tel est son choix que ça leur plaise ou non (ou qui n’a pas les couilles de me dire qu’il n’en a pas envie, c’est possible aussi), et qui donc les laisse s’interposer dans notre relation, de façon implicite ou explicite. Et moi ? Moi je n’ai pas la force de tourner le dos à mon grand-père, parce que je sais que bientôt il ne sera plus là, et je préfère me rattacher plutôt au souvenir que j’ai de lui, me rappeler de celui qu’il est avec moi, et non pas celui qu’il est avec les autres (et ma grand-mère). Je n’ai pas le courage de continuer à me battre contre mon père, et le laisse se détruire, parce que de toute façon, tant qu’il n’aura pas la volonté de s’en sortir et de se faire aider, personne ne pourra l’aider. Du coup je me contente de la petite victoire qui est qu’il ne boit pas (ou presque) quand il est avec moi (même si je ne sais pas ce qu’il fait en cachette). Et je n’ai ni la volonté, ni l’envie de mettre un terme à ma relation avec Lui, parce que je l’aime, parce qu’il est le seul à me comprendre sur bien des points, parce qu’il est le seul à me rendre heureuse. Parce que je sais que je ne serais pas plus heureuse loin de lui, parce que je sais que toute ses questions sur mon (notre) avenir viennent me titiller uniquement quand il n’est pas là, parce que quand je suis près de lui j’oublie tout mes soucis. Parce que j’ai l’espoir que son amour pour moi (s’il est réel) finisse par prendre le pas sur le reste et finisse par lui faire remettre ses parents à leur place, gentiement mais fermement. Parce qu’avec lui je peux affronter le quotidien, avec lui je peux supporter mon père et mon grand-père. Parce qu’il me dit qu’il m’aime, qu’il est bien avec moi, que je me pose trop de question. Il me parle de quand on fera construire, de quand on aura des enfants, de quand on sera vieux, mais je sais que pour lui il s’agit d’avenir lointain, incertain, et que moi c’est maintenant que je voudrais tout ça (les enfants, la maison, l’engagement), je sens toujours l’emprise de ses parents. Il me dit que je devrais plus me laisser vivre et que quand il me dit ça je me met a espérer fort fort fort de pouvoir y arriver un jour, mais que pour le moment je n’y arrive pas. Et ça plus le reste, j’ ai peur que ça finisse par me détruire peu à peu.

Et en même temps, quelles options s’offrent à moi hein ? Je ne veux pas grandir, devenir une adulte, mais c’est trop tard, je le suis déjà, il faut que je m’y fasse et que j’aille de l’avant, même si souvent parfois, j’ai l’impression d’avoir gaché ma vie 😦

Je ne veux pas que ce blog devienne un espace de plainte et de lamentations, et c’est pour ça que je n’écris pas beaucoup en ce moment, parce que quand ça va, je veux en profiter à fonds, et quand ça va pas, je n’ai pas envie de me plaindre encore ici. Mais là, il fallait que je crache mon fiel, que je mette sur toile tout ce qui me bouffe en ce moment, mais ça ira, ça passera. La prochaine fois, je serais plus joyeuse, je redeviendrai SushieSan, toujours joyeuse et marrante (ou pas). Promis. Je vais essayer en tout cas ^^

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8 commentaires pour Alone in the dark

  1. Lôla Peste dit :

    Ma Sushie, tu me bouleverses de bon matin avec cet article. Je n’ai rien à te conseiller, hormis TAKE CARE. Je t’embrasse.

  2. May dit :

    Cela me fait de la peine de lire tout ça. Dans tous les cas, tu n’as rien à te reprocher. Ce sont des événements extérieurs qui te « tombent » dessus. Tu n’y es pour rien.

    Même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut parfois pas tout arranger. Alors, il faut essayer de prendre du recul (même si cela doit être très dur pour toi). Il y a une personne de ma famille malade (anorexie) depuis sa jeunesse. Quant j’étais petite, je comprenais pas que personne ne la fasse interner. Je trouvais ça égoïste et peu téméraire (= pour ne pas se fâcher avec elle) de ne pas l’obliger à se faire soigner. Puis le temps à passer, j’ai grandi, et je ne fais rien de plus. C’est comme ça et c’est triste.

    Pour ton chéri, j’imagine que tu l’as déjà fait, mais il faut en parler. S’il veut des enfants/mariage/maison plus tard, il dit sûrement vrai. Il faut juste que vous soyez sur la même longueur d’onde je crois. Cela fait autant de temps que toi que je suis avec mon chéri, et je suis dans la même position que lui. Je ne veux pas de bébé/mariage/maison tout de suite. Je me sens encore trop petite pour ça. C’est trop de responsabilité pour le moment. En revanche, quand je dis que je voudrais plus tard, je ne mens pas (à part pour le mariage peut-être ^^). Je veux des enfants avec lui, mais je n’ai pas encore les épaules pour. Je veux profiter de ma jeunesse un petit peu avant. Du coup, avec mon chéri, on est d’accord. Cela sera plus tard. Cela ne serait pas bon de faire un bébé en prématurant les choses. Cela ne doit rien apporter de bons et cela ressortira des qu’il y aura une dispute. J’imagine quand on n’est pas tout à fait sur la même longueur d’onde, il faut peut-être faire des projets avec des dates symboliques. Cela permet à un de patienter, et à l’autre de se préparer psychologiquement.

    Je t’envoie des calins, des pensées, des sourires.

    Du courage,
    May

    • sushiesan dit :

      Merci pour tous ces mots ma belle. Ça passera, je vais me battre comme d’habitude 😉

      Pour mon chéri, je ne pense pas qu’il mente, c’est juste qu’il n’est pas prêt (ce que je peux comprendre) alors que moi oui. Je suis prête à attendre, mais pas pour rien. Je veux dire, je conçoit qu’il ne se sente pas prêt, et je ne veux pas précipiter les choses, mais si c’est mettre mes attentes en stand by pour qu’au final dans quelques années/mois il me dise que finalement ses parents ont raison, on a rien à faire ensemble, je suis pas d’accord. Je sais qu’on sait pas de quoi demain sera fait, mais si on doit se séparer je veux que ce soit parce que nous en avons envie et non pas parce que ses parents lui auront monte la tête … 😦

  3. Amy dit :

    Je comprends cette volonté de ne pas trop se raconter sur son blog quand ça va mal, mais ça fait du bien des fois, non ?;) En tout cas je te comprends tout à fait, pour ton père, et j’espère qu’un jour, il se sentira suffisamment au fond du trou pour donner un coup de pied pour remonter à la surface. (c’est ce que ma mère a fait, et elle est maintenant abstinente depuis 17 ans)
    Pour ton copain, j’imagine que vous en avez parlé… c’est difficile de donner des conseils, et je ne pense pas que ce soit ce que tu souhaites, d’ailleurs.:) Se sentir prisonnière d’une situation, je connais. Mais visiblement, la situation dans laquelle tu te trouves te rend malheureuse. J’imagine qu’il faudrait soit l’accepter (la situation) ou tenter de la modifier… mais c’est toujours plus facile à dire qu’à faire.

  4. Poppy Rawson dit :

    Il faut pas être joyeux parce que t’as l’impression d’être un boulet pour les autres quand tu as un coup de moins bien. Il faut être Toi et c’est comme ça qu’on t’apprécie.

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